LAIA - Témoignage - Un choix pédagogique de plus pour les parents Libres d'Apprendre et d'Instruire Autrement
L'IEF, juste un choix éducatif de plus pour les parents

Contrairement à beaucoup de parents, l’option école à la maison est dans mon champ du possible éducatif depuis très longtemps. En fait, je connaissais déjà quand j’étais au primaire, des enfants instruits par leurs parents et cela me semblait très naturel. Quand mon fils Q. a présenté de grosses difficultés d’adaptation à l’école, il m’a été simple de prendre la décision de le retirer du cursus classique, pour lui permettre de se concentrer sur des objectifs positifs : découvrir le monde qui l’entoure plutôt que d’être obligé de s’y fondre. Il y a des enfants qui préfèrent observer que participer. Q. en fait partie, mais le système scolaire ne permet pas à ces enfants d’aller leur petit bonhomme de chemin car il est difficile de savoir où ils en sont, ce qu’ils savent et comment ils l’ont assimilé. Bien sûr, j’ai entendu comme tous les parents le fameux « il s’y fera, il faut lui laisser le temps » ; J’ai estimé que 2 ans était un temps déjà bien long pour un enfant de 4 ans et qu’il avait le droit d’être différent. De plus, il devait cumuler l’adaptation à l’école et à une nouvelle famille. Il s’est retrouvé avec un beau-père, un grand frère et une grande sœur (nos trois enfants se sont vite appelés ainsi entre eux sans que nous intervenions de quelques manières que ce soit) en même temps presque. Je savais que l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est. J’ignorais pour combien de temps nous choisirions cette possibilité éducative, juste pour un an…pour toute sa scolarité ? Mais je savais qu’il me fallait m’organiser pour être un minimum efficace et connaître la loi. Heureusement, j’ai eu accès à Internet à cette période, ce qui m’a permis de très rapidement connaître d’autres personnes qui pratiquaient l’instruction en famille et d’avoir les renseignements indispensables. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’il faut beaucoup moins de temps et d’énergie pour enseigner à un enfant à la maison qu’à l’école. Je ne voyais donc aucune raison de m’arrêter de travailler, d’autant plus que mes horaires sont souples, puisque j’avais toutes mes matinées de libres et que je commençais le lundi, mardi et jeudi à 16 heures. J’ai bien compris l’enjeu que représente pour beaucoup la fameuse socialisation. J’ai donc inscrit Q. à différentes activités pour qu’il rencontre d’autres enfants. Mais, même si les activités lui plaisaient, il n’était visiblement pas intéressé pour lier des contacts. Il fallait reconnaître que c’est un solitaire sociable. Il n’aime pas les grands groupes et ma foi, combien d’adultes sont comme lui sans qu’on le leur reproche. Puis sa petite sœur est arrivée, et son petit frère. Il n’a toujours pas envie d’aller à l’école. Il a beaucoup évolué, se sent plus sûr de lui, apprécie d’avoir des copains et ne craint plus les nouvelles situations. C’est un passionné de lecture, de jeux vidéo, d’ordinateur comme beaucoup de garçons de son âge. Il a de grandes connaissances en histoire et en géographie. Il a mis du temps pour apprécier d’autres choses comme l’écriture, mais je savais que ça viendrait puisqu’il aime lire. Il faut souvent le motiver car c’est un grand rêveur et c’est un trait de caractère qui lui aurait sans doute valu un redoublement ou des jugements négatifs et à l’emporte-pièce sur ses compétences. Ce type d’instruction, l’école à la maison, lui a parfaitement correspondu. C’est ce qu’il lui fallait jusqu’à présent. Pour combien de temps encore, je n’en sais rien. Sa petite sœur qui a maintenant 4 ans, a un caractère très différent. A sa demande souvent renouvelée, nous avons accepté avec son père qu’elle aille à l’école cette année. Elle s’y plait. Nous verrons aussi d’année en année  quel type d’instruction lui correspondra le mieux, et il en sera de même pour le plus jeune.

Mon idéal serait qu’une alternative comme le freeschooling de Grande-Bretagne puisse être admis en France. Il s’agit de période d’alternance entre l’école et la maison. Ce peut être sur une semaine, certains cours à la maison, d’autres à l’école ; ce qui permet d’utiliser du matériel particulier en sport ou en chimie par exemple et de faire des travaux de groupes. Mais ce peut être aussi sur d’autres types de périodes, pour des voyages scolaires par exemple. Je sais que certains vont m’accuser de vouloir le beurre, l’argent du beurre et la crémière. S’ils souhaitent me développer leurs arguments, je suis prête à les écouter et à leur donner les miens. Parce que je suis attachée au principe de démocratie français, je pense qu’il est possible de faire cohabiter plusieurs systèmes éducatifs différents pour respecter les différences individuelles en permettant à chaque individu de se réaliser pleinement et l’enfance est  de ce point de vue une période unique.
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