LAIA - Témoignage - Notre pratique de l'IEF Libres d'Apprendre et d'Instruire Autrement
Notre pratique de l'IEF


Notre pratique d’IEF avec nos trois enfants a beaucoup varié en dix ans.
Les débuts furent hésitants lorsque notre aîné avait trois ans et demi, il fallut trouver une façon de faire satisfaisante pour tout le monde devant cette situation inattendue. Nous avons poursuivi les activités manuelles variées que nous faisions déjà avant la tentative de scolarisation,  les sorties très fréquentes pour défouler ces trois petits garçons remuants (un aîné et des jumeaux de deux années plus jeunes). Ces sorties étaient diverses : en pleine nature sujet passionnant pour les enfants, bibliothèque, ludothèque, musées, visites de ferme ou boulangerie… Nous avons ajouté l’apprentissage précoce de la lecture, les mathématiques ludiques avec les réglettes Cuisenaire, mais l’essentiel des journées était fait du quotidien et de jeux.
A partir de six ans (le primaire), nous avons augmenté progressivement le temps passé à l’étude du français et des mathématiques, donnant toujours la priorité aux sorties et découvertes sur le terrain. Il y avait peu de place pour l’écrit, les enfants ayant peu de goût pour cela. Tout dans la journée était prétexte à jeux entre les trois frères.
Quand notre aîné a eu 10 ans et ses frères 8, nous avons eu notre premier contrôle d’instruction. Les comptes-rendus ont été très positifs. Mais j’ai noté à cette occasion les difficultés de mes enfants, dues à leur méconnaissance des techniques de l’Education nationale. Dans le but de rendre les contrôles plus confortables, et une éventuelle scolarisation plus aisée, insidieusement, nous avons glissé vers un travail plus scolaire, plus classique, qui s’inspirait plus de ce que propose l’Education nationale.
Trois ans plus tard, j’ai réalisé que nous perdions petit à petit en richesse à suivre cette ligne de conduite. Nous avons réajusté notre façon de travailler, grâce  notamment à des échanges avec des familles pratiquant également l’instruction en famille.
Notre vie est, depuis trois ans, partagée entre la Bretagne pour une majeure partie de l’année, où le rythme de travail est assez régulier et des séjours à Paris, où l’on travaille beaucoup dans les musées, et où sont favorisées les rencontres avec d’autres enfants non scolarisés. Aujourd’hui, les enfants ont tous l’âge d’être collégiens, ils peuvent encore passer leurs journées à jouer ensemble. De plus en plus nous nous éloignons des programmes, même si nous gardons toujours un œil dessus,  pour suivre nos centres d’intérêts propres. Nous pratiquons une pédagogie bien particulière à notre famille qui continue d’évoluer en fonction des évènements.
Lire d'autres témoignages